Construire les églises et développer les relations du Royaume

Suis-je le gardien de mon frère ?

Ce texte a été écrit fin septembre. Aujourd’hui, une autre étape a été franchie avec la déclaration du président américain qui semble embarrasser le monde entier. Jérusalem est plus que jamais « la pierre pesante » des nations ! L’est-elle aussi pour toi, Eglise ?

 

L’Eglise est-elle responsable d’Israël ?… Est-ce son rôle de soutenir Israël, depuis que les prophéties bibliques s’accomplissent, préparant le chemin à l’Avènement du Messie à Jérusalem ? Ce choix va-t-il jouer dans le jugement des nations ? Tentons de répondre à cette question, notamment concernant notre pays.
Pour comparaison, si les Etats-Unis peuvent être critiquables comme toute nation selon les multiples décisions prises dans l’Histoire, on doit admettre cependant que la grande nation américaine a quelque chose de spécial, ayant été bâtie sur des principes chrétiens. La foi chrétienne doit beaucoup aux Américains avec notamment leur concours dans l’évangélisation du monde. Et concernant Israël, des dizaines de millions de chrétiens, globalement évangéliques, soutiennent le peuple juif en tant que nation.
Des principes bibliques mis en application
Je crois que les Etats-Unis ont été bénis parce qu’ils ont mis en pratique les principes bibliques. J’en nomme trois : la dîme (Lév 27 :30), l’honneur et la reconnaissance donnés aux « pères » (Ex 20 :12), et la bénédiction d’Israël (Gen 12 :3). Concernant les USA, on doit reconnaître qu’ils ont été fondés par les Protestants évangéliques européens qui ont su créer une société libérale démocratique.
Concernant la France, quel est son rôle spirituel ? … Les chrétiens américains sont riches en bénédictions, justement peut-être parce qu’ils sont généreux, passionnés et amoureux du Dieu de Jacob. Ils ont ainsi toujours excellé dans la mission, dans la louange et l’intercession, et dans le soutien à Israël.
Le jugement des nations
En Matthieu 25, l’évangéliste met l’accent sur le jugement des nations, que Dieu fera – «lorsque le Fils de l’Homme viendra dans sa gloire » – en distinguant les «brebis et les boucs». Quel est le critère de ce jugement ? Il semble clair qu’il s’agit du regard que nous avons eu en tant que nation sur «les plus petits des frères de Jésus» : le peuple juif. Joël 3:2 confirme cette pensée en parlant du même jugement des nations qui ont « dispersé » le peuple juif, qui ont « partagé » le pays, et qui ont « abusé » des enfants d’Israël.
Comment notre pays sera-t-il jugé ?…
Restaurer la maison de David
Nous croyons que, depuis le début du 20e siècle, Dieu a comme dessein de « restaurer la maison de David » (Amos 9 :11 ; Actes 15 :16). Il s’est servi de chrétiens, comme les Piétistes allemands, les Méthodistes anglais, les Moraves et les Quakers, les Mennonites ou Anabaptistes néerlandais, et les descendants des Huguenots exilés tel le Français Pierre Jurieu, les chrétiens américains comme le pasteur William Blackstone, britanniques tel Lord Shaftesbury ou Lord Balfour, le Suisse Henri Dunant, et particulièrement William Hechler, ce pasteur anglais qui a œuvré aux côté de Theodor Herzl.
La France a joué un rôle important par rapport à Israël. L’Affaire Dreyfus a été l’événement déclencheur pour la vision sioniste de Herzl. Puis après la Shoah, les Protestants et Catholiques avec les penseurs juifs[1], ont travaillé à changer le regard chrétien et à faire techouva (repentance). Politiquement, la France a été l’un des premiers pays à soutenir Israël, notamment avec l’histoire d’Exodus, et en 1956 en se battant aux côtés d’Israël contre l’Egypte. La France a béni l’Etat hébreu en lui fournissant une défense nucléaire et en l’aidant à constituer sa flotte aérienne avec les fameux Mirages III. Malheureusement en 1967, le général de Gaulle a humilié Israël, boycottant l’Etat hébreu ; la révolte de mai 68 et la chute du président ont peut-être été la réponse de Dieu. Depuis, la politique de la France, celle du Quai d’Orsay, n’a jamais varié : elle va à l’encontre des plans de Dieu envers Israël.
Et l’Eglise pendant ce temps-là, a-t-elle été en faveur d’Israël ?… A-t-elle réagi positivement pour défendre les intérêts de Dieu en Israël, en « restaurant la maison de David » ? Alors qu’Israël est confronté à une terrible hostilité de la part des institutions internationales (ONU, Unesco, Droits de l’homme …), le silence de l’Eglise de France est assourdissant – « De tous ceux qui l’aimaient, nul ne la console, tous ses amis lui sont devenus infidèles, ils sont devenus ses ennemis » (Lam 1:2).
Comment inverser la tendance, et agir comme David ?
David et les Gabaonites
Inverser la tendance, c’est faire techouva et prendre des décisions. Le roi David a pris une décision drastique vis-à-vis des Gabaonites. Lisons 2 Samuel 21 – il y eut une grande famine en Israël durant 3 ans ; David a cherché la face de l’Eternel, et Dieu a répondu : «… C’est à cause de Saül et de sa maison sanguinaire, c’est parce qu’il a fait périr les Gabaonites ».
C’était en effet la faute du roi Saül qui n’avait pas tenu sa parole envers une lointaine alliance faite du temps de Josué avec les Gabaonites ! Saül avait combattu ces gens et donc avait rompu l’alliance établie. Et c’est David qui devait réparer les choses ! David a pris le problème à bras le corps, il a interrogé les Gabaonites eux-mêmes : « Que puis-je faire pour vous, et avec quoi ferai-je expiation, afin que vous bénissiez l’héritage de l’Eternel ? ». David savait que rompre une alliance ou un serment avait des conséquences, pouvait occasionner « une famine ». David, « l’homme selon le cœur de Dieu », voulait réparer les choses pour honorer Dieu.
Ne voulons-nous pas réparer les choses ?… N’y a-t-il pas une famine, une sécheresse spirituelle en France, laissant le terrain à l’incrédulité, à la chute des valeurs morales, et à une islamisation insidieuse ? David avait à cœur que soit béni « l’héritage de l’Eternel », Israël.
Bénir « l’Héritage de l’Eternel »
L’Eglise Protestante a béni « l’héritage de l’Eternel » durant la seconde Guerre mondiale, en s’opposant au gouvernement de Vichy. Des pasteurs protestants, tels Marc Boegner, Charles Westphal et André Trocmé[2], ont pris des positions politiques courageuses. C’était un engagement sérieux de leaders protestants, une vraie alliance avec le peuple juif, le peuple de Dieu.
L’Eglise a-t-elle continué à bénir « l’Héritage de l’Eternel » ?… Après la création de l’OLP (1969) et des Accords d’Oslo (1993)[3], l’Eglise protestante et évangélique de France s’est tenue à l’écart du développement miraculeux de l’Etat hébreu ; laissant se développer dans les pensées un antisionisme teinté d’antisémitisme, elle a rompu l’alliance avec Israël. Israël était devenu pour nombre de gens « un colon », un « Goliath » persécutant le petit « David » palestinien. Le mensonge distillé par les médias avait fait son oeuvre dans la pensée chrétienne.
Rappelons les paroles du pasteur Martin Luther King dans sa lettre à « un ami antisioniste » : « … Tu déclares, mon ami, que tu ne hais pas les Juifs, que tu es seulement antisioniste. A cela je dis, que la vérité sonne du sommet de la haute montagne, que ses échos résonnent dans les vallées vertes de la terre de Dieu : Quand des gens critiquent le sionisme, ils pensent Juifs, et ceci est la vérité même de Dieu. L’antisémitisme, la haine envers le peuple juif, a été et reste une tache sur l’âme de l’humanité »
Réparer, c’est faire techouva et prendre des décisions !
David a été courageux. Il a pris le taureau par les cornes et a payé le prix fort pour réparer cette situation d’injustice. Voulons-nous plaire à Dieu ?
Alors prenons les bonnes décisions !
Par exemple, celle de bénir Israël au travers de son peuple qui a besoin de notre aide concrète. Que dit la Bible ? « Si les païens ont eu part à leurs avantages spirituels, ils doivent aussi les assister dans les choses temporelles » – Rom 15 :27.
Que dirions-nous, en tant qu’église locale, de prendre la décision :
1 – d’instaurer la prière hebdomadaire pour Israël – pour le gouvernement, la sécurité, l’unité, la paix…,
2 – de donner la dîme à des associations juives et/ou messianiques pour aider et soutenir Israël dans le domaine social – pour les pauvres, les enfants en détresse, les rescapés de la Shoah…,
3 – d’organiser des voyages en Israël, pour revenir aux sources hébraïques, offrir un vrai enseignement sur les derniers temps.
Le temps vient où la colère du Dieu de Jacob va tomber sur les nations : « Ainsi parle l’Eternel des armées : Je suis ému pour Sion d’une grande jalousie, et Je suis saisi pour elle d’une grande fureur (indignation) » – Zach 8 :2.
Soyons animés de tels sentiments, pour l’amour de Sion !
Pasteur Gérald FRUHINSHOLZ


note1[1] voir « Conférence de Seelisberg » (1947) – avec Jules Isaac, et Edmond Fleg.
note2[2] Par la détermination du Pasteur Trocmé face à la Gestapo, et la solidarité des villages voisins du Chambon s/Lignon, quelques 3000 enfants juifs furent sauvés de la barbarie nazie.
note3[3] Accords des nations sur le principe fallacieux de la « paix contre la terre » permettant la division d’Israël. Ce principe est un » déguisement diplomatique pour une action de guerre visant à détruire Israël » en tant que nation.

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