Construire les églises et développer les relations du Royaume

Ce que l’église n’est pas…

                       J’ai toujours considéré l’Église comme le reflet de l’œuvre de Dieu dans la vie de l’homme : un projet divin infaillible et parfait, déployé avec amour dans une structure humaine faillible et imparfaite. Tout comme l’homme doit reconnaître sa nature pécheresse qui le pousse naturellement à rejeter Dieu pour essayer de lui voler la place, l’Église doit admettre que ses valeurs ne sont pas toujours conformes à ce que Dieu attend d’elle. J’irais même plus loin : je la vois régulièrement se fourvoyer, pécher par orgueil ou par négligence. Mais quoi de plus naturel ? Ces écueils sont le moyen de manifester la grâce de Dieu parmi nous ! Dans Éphésiens, l’Église est décrite comme une épouse qui doit paraître sans tâche, ni ride devant son époux, Jésus-Christ. Réfléchissez-y un instant. Pensez-vous réellement que cet objectif soit réaliste ? Il ne l’est pas. Pas sans compter sur la grâce de Dieu. Si l’on reprend le passage d’Éphésiens dans son intégralité, on s’aperçoit vite que c’est Jésus-Christ qui donne à l’épouse toute sa dignité et sa pureté, et non nos œuvres :

« Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier par la parole, après l’avoir purifiée par le baptême d’eau, afin de faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible. » (Éphésiens 5. 25-27, LSG)

Pourtant, nos œuvres sont nécessaires. La Bible nous invite à travailler à notre salut, alors que le salut est un don gratuit de Dieu envers ceux qui croient. Dieu nous invite à être des adultes responsables qui ne gaspillent pas sa grâce. Il en va de même pour l’Église. Ce n’est pas parce que Dieu la rendra belle et resplendissante que nous devons la négliger ou la malmener. Ce ne serait pas très adulte. Ni très responsable.

Ça, c’est ce que l’Église est.

Ce qu’elle n’est pas :

Je dois vous confesser quelque chose : j’écris cet article par réaction. C’est une démarche dont je ne suis moi-même pas très fan, car elle pousse souvent à prendre des positions extrêmes ou à diviser, alors que mon unique objectif est de rassembler. Je vais donc essayer de rester le plus équilibré possible dans mes propos. Je suis effaré de lire certains billets de blog et autres articles qui nous expliquent en filigrane comment trouver sa place dans l’Église, comment monter et prendre du galon. Mais je viens d’en lire un qui invite carrément à flatter l’ego des « supérieurs » pour être considéré. L’Église ressemble parfois à une grande compétition dans laquelle les membres cherchent à se placer pour obtenir une reconnaissance aux yeux des autres. J’ai moi-même participé à ce système. J’ai moi-même cherché à me faire voir, à me faire entendre, et si possible, à me rendre indispensable. Toutes ces choses, ce système, ce mode de pensée, je les dénonce. C’est exactement la définition de ce que l’Église ne doit pas être.

Combien de fois, en tant que responsable, j’ai pensé de telle ou telle personne qu’elle était en train de monter dans l’Église en prenant des responsabilités. C’est que j’avais une image erronée de ce qu’est un responsable. Un responsable est avant tout un serviteur.

« Il s’éleva aussi parmi les apôtres une contestation : lequel d’entre eux devait être estimé le plus grand ? Jésus leur dit: Les rois des nations les maîtrisent, et ceux qui les dominent sont appelés bienfaiteurs. Qu’il n’en soit pas de même pour vous. Mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit, et celui qui gouverne comme celui qui sert. » (Luc 22.24-26, LSG)

Le problème est que, bien souvent, l’homme bâtit dans l’église une structure pyramidale et hiérarchique. Elle est, à mes yeux, antibiblique. Les structures totalement anarchiques qui se passent de responsables ne le sont pas moins. En effet, l’autre extrême consiste à estimer que l’engagement dans une église locale n’est pas nécessaire et que ce qui compte, c’est de connaître et d’aimer Dieu de manière personnelle. On peut éventuellement rejoindre un groupe de chrétiens, mais surtout sans contraintes, et surtout, sans avoir de comptes à rendre. De tels modèles balayent d’un revers de la main les notions d’engagement, de service et de responsabilité voulues par Dieu.

« De même, vous qui êtes jeunes, soyez soumis aux anciens. Et tous, dans vos rapports mutuels, revêtez-vous d’humilité; car Dieu résiste aux orgueilleux, Mais il fait grâce aux humbles. » (1 Pierre 5.5, LSG)

La vérité se trouve quelque part entre ces deux modèles d’église. Ce point d’équilibre est des plus difficiles à atteindre. C’est pour cela que cet article s’intitule « Ce que l’Église n’est pas ». Elle n’est ni hiérarchique, ni anarchique. Je n’ai pas la prétention de vous expliquer ce que l’Église est, ce serait trop long, et je ne suis pas sûr d’en être capable. Mais j’ai quand même quelques pistes :

L’Eglise est :

Un projet divin

Une structure humaine

Un lieu de rencontre avec Dieu

Un espace de rencontre avec les autres hommes et femmes

Un espace de responsabilisation personnelle

Un lieu d’inter soumission

Je précise que cette liste est très incomplète. On pourrait encore y ajouter une centaine de points. Elle ne reprend que des éléments mentionnés dans cet article. J’en ajouterai un dernier, qui viendra conclure cette réflexion. Il est fondé sur la mission que Jésus donne à ses disciples :

Un lieu de formation et d’envoi de disciples au milieu des nations

Ce point, essentiel et pourtant tellement facilement oublié, doit être l’objectif numéro un de notre Église. Il doit résonner dans tout ce que nous sommes et dans tout ce que nous faisons.

Garder ce point en tête nous empêchera de considérer l’Église comme une fin en soi, mais comme le moyen d’accomplir la tâche qui nous est confiée. Car l’Église n’est pas là pour moi. Elle est là pour les autres.

Cédric Delalande

Cédric Delalande est un professeur d’anglais basé à Poitiers (86) qui a à cœur le développement d’une Église culturellement pertinente. Ancien responsable d’Église, vice-président de l’École Baptiste de Communication Art et Multimedia (EBCAM) et passionné de nouvelle technologies, il publie ses réflexions sur Pertinence Culturelle et finit en ce moment l’écriture d’un livre sur la place de l’Église dans la société moderne, à paraître à l’automne 2013.
http://www.pertinenceculturelle.com


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